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Première décision de justice contre le harcèlement sexuel au Maroc

L’Union Féministe Libre (UFL), a atteint une étape cruciale en obtenant la première décision de justice contre le harcèlement sexuel au Maroc.

Nidal Azhary, directrice exécutive de l’UFL et co- fondatrice de l’organisation, est une militante féministe engagée dans la défense des survivant.e.s de violences, y compris les questions liées à la communauté LGBTQI+ que de nombreux mouvements féministes traditionnels négligent.
L’UFL se positionne fermement contre toute discrimination fondée sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, car nous considérons qu’il est inacceptable de traiter les citoyen.ne.s différemment en fonction de ces critères. Nous nous revendiquons fièrement en tant qu’organisation féministe et LGBTQI+. Notre féminisme est intersectionnel, ce qui signifie qu’il s’attaque aux différentes formes de sexisme telles que le classisme, la transphobie, l’homophobie et le racisme.

L’Histoire personnelle derrière l’Union Féministe Libre

Notre histoire est intimement liée à l’expérience personnelle de Nidal Azhary en tant que femme dans la société marocaine, ainsi qu’à sa volonté et à celle de ses camarades de lutter pour un changement au sein de cette société. En 2014, alors qu’elle était lycéenne à Meknès, Nidal a subi un harcèlement de la part d’un mécanicien à la sortie des cours. Un incident s’est produit lorsque l’homme s’est énervé et a insulté Nidal ainsi que le groupe de jeunes filles qui l’accompagnait. L’une des filles lui a demandé de modérer son langage, ce qui a entraîné une escalade de la situation. Un enseignant du lycée est intervenu et a reçu un coup, tandis que les adolescentes ont été maltraitées et leurs vêtements déchirés. Elles ont échappé à l’incident avec des contusions et des égratignures. Cet événement a profondément marqué notre directrice exécutive qui a décidé de poursuivre son harceleur en justice. Quelques semaines plus tard, le verdict est tombé : l’agresseur a été condamné à six mois de prison ferme. Cette première victoire l’a incitée ainsi que ses camarades à fonder l’Union Féministe Libre.

Le 21 mars 2016, deux ans après cet incident, l’assemblée générale constitutive de l’UFL a eu lieu, marquant le début officiel de notre combat.

De la justice personnelle à la révolution collective

L’objectif principal de l’association est d’apporter un soutien juridique et psychologique aux personnes subissant des violences basées sur le genre et la sexualité. Nidal Azhary souligne l’importance de la nouvelle génération de militant-e-s féministes, mettant en avant un combat plus ouvert et inclusif. Les réseaux sociaux jouent également un rôle crucial dans la mobilisation et la sensibilisation, bien que nous reconnaissions que l’accès à ces outils de communication n’est pas généralisé à l’ensemble des classes sociales marocaines.

Le combat de Nidal et de l’UFL s’inscrit dans la continuité des initiatives précédentes visant à réaliser un véritable changement global. Nous sommes convaincu.e.s que ce changement ne peut se produire du jour au lendemain, mais sommes déterminé.e.s à assurer la continuité du travail des générations précédentes et à préparer le terrain pour les générations futures. Nous cherchons à créer un pont entre les différentes générations d’activistes et de mouvements féministes, reconnaissant le précieux apport des générations précédentes au statut des femmes et aux droits humains au Maroc.